Manquerait plus qu'ils soient fiers de leur match.
Mais ce n'est pas la question.
Il y a un an, ça se plaignait de ne pas savoir gagner un tel match. Un an plus tard, on ne sait pas s'en satisfaire ; pire, on ne prend toujours pas conscience que chaque match à l'extérieur a été du même acabit et que, de fait, non, il n'y aura pas de "telle prestation" contre Rouen, parce qu'on ne joue pas à Bonal, chez nous, comme on joue à Fleury ou Orléans.
Et les joueurs le savent pertinemment, mais il faut faire de la comm'.
Certains ont une envie maladive de se faire mal. Ça va ressasser pendant une semaine le fait qu'on ait mal joué à Orléans, qu'on a pas tiré au but contre un pimpon dans les buts.
Gagnerons-nous contre Rouen qu'il y en aura encore pour nous dire qu'on a quand même pas frappé de loin contre Orléans.
J'en ai pris mon parti.
Oui, c'était à chier. Le National est à chier. Orléans est à chier. Les joueurs de National sont à chier. Les joueurs de National ne sont ni Pagis, ni Lonfat, ni Flachez. Ni ceux de Sochaux, ni ceux de Concarneau. Ils sont à chier en comparaison des standards auxquels on a été habitués jeunes.
Et j'ai même un scoop pour vous : ce sera encore à chier à Saint-Brieuc dans deux semaines.
Mais on est moins à chier que les autres.
C'est peut-être une philosophie de vie, mais étant donné ce qu'on bouffe depuis 11 ans, j'en conclue pour ma part que la perspective d'une montée qui se rapproche petit à petit, alors que nous végétons en 3ème division, vaut bien des matchs à chier à l'extérieur.
Il n'y a pas de raison de créer des débats là où il n'y en a pas : oui, on a été à chier, oui, on aurait davantage dû tenter notre chance face à un branlecouille dans les buts, oui, jouer mieux serait préférable et plus réjouissant.
Oui, oui et oui. Mais que reste-t-il au bout du bout ? Un trio de tête qui a rendu double six au reste du championnat, et on est dedans.
Eh ben vraiment, ça suffit à mon bonheur ce matin après 11 ans de peine et de souffrance.
D'autres joueurs auraient dit que l'important c'est les 3 points et que la manière importait peu. Ce que je voulais souligner, c'est que les joueurs et l'entraîneur ne se satisfont pas du résultat brut et ont cette lucidité pour analyser leur performance du soir avec des mots durs et ça me plaît. Cette envie constante de progresser et de chercher ce qui va et ce qui ne va pas.
Pour le reste, on est tous d'accord sur cette division qu'est le National. Ma dureté envers ce que j'ai vu en seconde période (au vu du déroulé du match) ne m'enlève pas le bonheur d'avoir gagné là-bas et d'envisager la suite avec optimisme même si le chemin est encore long et semé d'embûches. Cela fait plus de 10 ans qu'on patauge alors on prend le bonheur quand il est là mais je reste méfiant car on a un passif qui doit nous inciter à ne pas nous croire déjà arrivés.











